Japan ASBL

C’est quoi ? Pour qui ? Quand ?

Qu'est-ce que le Ninjutsu ?

C’est courir, frapper, parer, esquiver, projeter, tomber (sans se faire mal), se relever (surtout mentalement)… mais, plus précisément :

  • C’est une façon d’être et PAS DE LA SEULE SELF-DEFENSE.

Comment se défendre en cas d’agression n’est pas la question principale en Ninjutsu : on y apprend à être vigilant sans fixer son esprit sur une intention particulière.  Bien sûr, pour cela, il faut l’expérience de beaucoup de situations (pratiquées en Ninjutsu) et du temps.

  • C’est un art, il n’y a PAS DE COMPÉTITION.

La compétition se braque sur certains paramètres pour déterminer un gagnant et d’innombrables perdants.  Dans un art, c’est sans objet : vous pouvez comparer différents aspects d’un concerto de Bach et d’un opéra de Berlioz mais pas décider platement quelle est la meilleure des deux œuvres.  En Ninjutsu, on ne compare pas les gens pour savoir quel est le meilleur mais pour savoir comment allier les apports de chacun.

  • C’est un art martial, PAS UN SPORT DE COMBAT.

Dans un sport de combat, les règles interdisent certaines options d’attaque et de défense (ce qui en supprime le caractère martial).  On remarque d’ailleurs que les positions des combattants y sont plutôt irréalistes (les boxeurs obstruent leur vision périphérique avec leurs gants, les judoka sont penchés en avant, les taekwondoka sautillent sur leur jambe arrière…) et qu’il n’y a jamais que deux combattants.  Toutes ces limitations n’existent pas dans la réalité.  En Ninjutsu, on ne s’interdit rien mais ce n’est pas un problème car on ne compte pas son dû : chacun fait SON propre maximum et quand on a fait son maximum, on ne peut perdre la face.

  • C’est un art martial japonais, PAS CORÉEN NI VIETNAMIEN NI CHINOIS (quoique)

Visuellement parlant, les arts japonais sont plus sobres et plus minutieux que leurs voisins asiatiques mais ils sont aussi plus parachevés que les arts de combat médiévaux occidentaux (pour ce qu’on en a retrouvé).  Les origines et la pérennité de notre art sont donc honorés à la japonaise : en en préservant les principes, parfois même les gestes et cérémonials à la base shintoïstes et/ou bouddhistes voire confucianistes.  Nous parcourons ainsi la culture, l’histoire, les philosophies voire la langue du Japon au gré des cours, ce qui permet de comprendre le passé, le présent et la signification des choses.

  • À partir de la ceinture noire, on commence à comprendre que c’est un art martial japonais non classique.

Les principes du Ninjutsu sont diamétralement opposés à ceux des autres arts martiaux et sports de combat : on apprend pas de défense déterminée sur attaque déterminée, on travaille toujours un large nombre d’options et on développe ainsi notre compréhension de la situation (celle de l’attaquant, la nôtre, l’environnement).  On exécute jamais une série gestes traditionnels « parce que on a toujours fait c’est comme ça » mais parce qu’on en comprend le sens et qu’on est capable de trouver les alternatives martialement valables.

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pour qui :

Tout le monde peut faire du Ninjutsu, notamment le public féminin qui est parfois peu confiant car peu conscient de ses points forts.

Photo : projeter un homme au sol sans force, c’est possible, même pour une femme… le secret : provoquer puis utiliser le déséquilibre.  Et ça, ça s’apprend, tout simplement !

Les filles mettront à profit leur souplesse et leur agilité puisqu’en Ninjutsu, la force pure n’est pas un facteur capital.  Les hommes pourront utiliser leur force et de leur explosivité.  Tous travailleront leur endurance et leur résistance mais, surtout, leur mental.  On peut commencer dès 5 ans avec une limite que l’on pourrait fixer à 49 ans.

À partir de cet âge, on peut se consacrer à l’enseignement si l’on a déjà minimum 16 ans d’ancienneté.  Donc, si l’on veut un jour enseigner le Ninjutsu, il faut commencer avant l’âge de 33 ans.  Notre grade le plus élevé (Kōjōnin) est délivré après environ 50 ans de pratique, on peut donc pratiquer longtemps.

quand :

On peut s’inscrire à tout moment de l’année et nous ne suspendons les cours réguliers qu’en JOURS NON SCOLAIRES.

L’horaire résumé est le suivant :

Mercredi : Awase Dōjō : rue des Coudriers n°5 à 4031 Angleur

  • 17h15 – 18h15 (enfants) ou 18h30 – 19h45 (adultes) ou 19h45 – 20h30 (anciens)

Dimanche : Shudokan Dōjō : quai des Ardennes n°49 à 4020 Liège

  • 18h30 – 19h45 (adultes) ou 19h45 – 20h30 (anciens)
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On recense plus de 200 ryū (styles) de ninjutsu médiévaux (chaque province et chaque clan pouvait avoir le sien) et au moins 100 ryū post-médiévaux (synthétisés au départ des anciens styles et souvent additionnés de compétences plus modernes).

Photo : l’image classique du Ninja.

Il existe même des styles de ninjutsu élaborés par des Occidentaux dans les années 2000 mais, si l’on y réfléchit bien, le plus fidèle prolongement contemporain des missions ninja se retrouve dans les unités spéciales, dont le conditionnement militaire n’est bien sûr pas souhaitable pour des civils.

Cependant, la capacité d’adaptation à toute situation qu’entraîne immanquablement la pratique sérieuse du ninjutsu permettra peut-être, le jour venu (que l’on espère évidemment pas), de se sortir d’une situation où notre vie est en danger.

Les armes générales et pédagogiques que nous étudions sont celles de l’école Katori.  Les armes spécifiques que nous étudions en ninjutsu sont le Ninpōken (sabre ninja aux mille trucs et astuces), le Kyōketsu Shoge (faucille et poignard regroupés en un d’une part, chaîne et anneau d’autre part), le Hankyū (l’arc à flèches pragmatique, bien plus court et transportable que celui des illustres pratiquants de Kyūdō).

Photo : Kyōketsu Shoge à gauche / Ninpōken à droite

Avec ou sans arme : les mêmes positions, seule la distance change !

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Pour anachroniques qu’elles puissent paraître, les armes pratiquées de façon guerrière permettent de focaliser le mental et de structurer le corps, tant avec les enfants qu’avec les adultes. Cela facilite grandement l’apprentissage à mains nues qui peut également être envisagé dans l’optique d’une légitime défense typiquement féminine.

En Ninjutsu, on ne se cantonne pas au tatami, il y a des activités en extérieur !

Photo : assurage garanti !

Pour ce qui est des activités en extérieur, nous utilisons un matériel dernier cri et sans cesse renouvelé, faisant bénéficier à chacun du plus haut niveau de sécurité et de sérieux, tout en offrant une bonne dose d’amusement et d’adrénaline dans une ambiance calme et agréable mais active :

  • parcours d’obstacles,
  • orientation camouflée avec (ou sans) carte et boussole,
  • passage d’un cours d’eau à gué,
  • escalade,
  • descente en rappel,
  • habiletés aquatiques…

(et pas le temps de chipoter avec sa technologie portable… ;-))

Le plus important est de savoir que le ninjutsu est totalement différent de tous les arts martiaux classiques puisqu’il repose sur l’utilisation optimale par chacun de ses propres points forts et sur la compensation des points faibles ou leur utilisation comme autant d’atouts ;

Le Ninjutsu est au service du pratiquant, pas l’inverse.

En d’autres termes : là où d’autres sports et arts martiaux – souvent issus des lendemains de la 2 G.M. au Japon – cultivent l’illusion pacifiste d’une égalité de chances entre tous et ont cristallisé des mouvements caricaturaux parfois dénués de base logique, le ninjutsu améliore de façon pragmatique la capacité personnelle à s’adapter (voire survivre) aux conditions difficiles et inattendues, toujours en mouvement, que la vie peut réserver.

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Le ninjutsu rejette la compétition les trois raisons suivantes (au moins) :

– parce qu’elle impose des règles artificielles créées par l’Homme pour l’Homme qui nous éloignent de la logique naturelle et d’instincts bien souvent salvateurs (qu’il convient de maîtriser et de comprendre et non d’inhiber) ;

– parce qu’elle est source d’aveuglement quant à ses propres limites corporelles, techniques et mentales voire intellectuelles sur lesquelles le ninjutsu cherche au contraire à nous éclairer en nous rendant, en principe de plus en plus lucide en nous confrontant à nous-même et non à un adversaire (beaucoup de compétiteurs, dans tous les sports, ont la prétention de connaître les points faibles de leurs adversaires alors qu’il est déjà si long, si difficile et bien plus important de se connaître soi-même dans toutes les situations) ;

– parce qu’elle créée au sein de tout groupe un esprit de rivalité qui peut être source de dopage, de disputes voire de conflits ouverts avec rancoeurs et traîtrise.  Mais, même bon enfant, l’émulation compétitive brise la solidarité et l’interdépendance.  Ces notions sont le principal moyen de réussite d’une action qui, si elle se veut un peu ambitieuse, sera forcément collective.  Pour nous, le ninjutsu n’est donc pas un sport individuel, les jeux de balle compétitifs, si ! (et ce quel que soit le nombre de joueurs…)

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Par ailleurs, le ninjutsu rejette la mémorisation à outrance mouvements prédéterminés (qu’il convient de ne reproduire que  pour en saisir les principes sous-jacents, jamais pour le fait de suivre une convention) qui détruisent le caractère naturel des gestes. C’est le sens qu’il faut donner à l’expression « il n’y a pas de kata en ninjutsu » (car, bien sûr, il y a des kata mais ils ne sont pas là pour être imités mais pour être compris).

En Ninjutsu, on dit aussi qu’à force de vouloir être trop adroit, on en devient gauche.

Il y a un monde entre une technique effectuée dans la compréhension des préceptes qui en sont à la base et une technique effectuée pour la beauté du geste ou pour le respect de la Tradition.  Effectuer un mouvement d’un certaine manière sans raison MARTIALE est à l’opposé du pragmatisme ninja.

Quelle que soit votre morphologie et votre forme physique, le ninjutsu vous est accessible : vous apprendrez à tirer profit de votre corps – tel qu’il est – d’une façon que vous n’avez sans doute jamais imaginé.

Photo : tout commence par la mise en condition physique générale.

Bien entendu, les plans d’entraînement élaborés par le professeur vous permettront, pour certains, d’accroître encore vos performances ou, pour d’autres, de sortir de la sédentarité dans laquelle vous vous êtes peut-être laissé(e) enfermer malgré vous (guindailles, boulot, enfants…).

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Cependant, notez que le niveau de dépense sportive lors de l’échauffement est très élevé : le mental compte donc ici bien plus que le physique. Le ninjutsu est un art qui inscrit dans ses fondamentaux un développement de l’endurance (efforts de longue durée), de la résistance (efforts de haute intensité maintenus aussi longtemps que possible), de la souplesse (à ne jamais acquérir trop vite sous peine de la payer dans nos vieux jours), de la force (utilisant exclusivement la masse du corps humain : pas d’altères) et de la vitesse (déplacements explosifs).

Dans la partie technique du cours, il ne rime alors plus à rien d’effectuer les techniques plus vite pour avoir l’impression de transpirer comme cela se fait parfois ailleurs : on prend le temps d’apprendre ou de se perfectionner tantôt entre débutants ou gens de même niveau, tantôt avec des ceintures noires bienveillantes…

En ninjutsu, outre notre encadrement professionnel, la sécurité des uns repose sur la vigilance des autres.  La seule contre-indication permanente à la pratique du ninjutsu réside donc dans la capacité intellectuelle et la stabilité mentale : nous n’acceptons pas de personnes ayant le moindre trouble psychiatrique ou autre limitation qui puisse mettre en danger son prochain. Nous n’avons pas les moyens d’organiser des activités adaptées à ce type de public.

Par contre, pour ce qui est du trouble de l’attention / d’hyperactivité », les arts martiaux sont certainement un des moyens d’en venir à bout : au cours, les instructions verbales et non verbales sont faites pour pousser enfants et adultes à l’auto-discipline (et le professeur est particulièrement patient à cet égard) mais si l’ordre ne se fait pas tout seul, la sanction tombe d’elle-même : dans un entraînement martial, l’inattention apparaît immédiatement à « celui dont l’esprit s’absente » (notion de Zanshin), et il arrive que l’on prenne un coup ou que l’on chute (sans gravité) alors que l’on ne s’y attendait pas.

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C’est parfois une épreuve pour certains jeunes enfermés dans une technologie de l’information envahissante : ayant fait l’effort de lever le nez de leurs connexions multiples, ils font connaissance avec une communication humaine subtile (vitale en combat) et reprennent brutalement conscience de leurs limites dans des situations que certains jeux vidéo leur ont parfois donné l’impression de connaître. De notre côté, nous utilisons certains jeux (free old gaming) pour enseigner de façon ludique les stratégies médiévales japonaises historiques mais aussi des règles d’engagement et matières théoriques plus modernes.

Encore quelques photos :

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